Ce qui me fait me lever le matin, c'est presque tout le temps l'humour absurde. Me dire que ça existe et qu'il faut donc y croire encore. Soit c'est moi qui m'apparaît dans ma tête : je me revois dire ou faire des choses débiles, je me dis que j'en ai été capable et qu'il y avait mes amis pour en rire et que c'est ça le but de la vie, qu'il faut continuer. Soit c'est des comiques qui m'apparaissent (oui, quand j'étais petit on disait "comique" et pas "humoriste" donc je continue à dire "comique") et qui font des choses folles à la télé, de l'humour vraiment incongru comme j'aime qui n'a sa place qu'à la télé et qui tire vraiment profit des potentialités qu'elle permet, des espèces de mini-chroniques ou d'anti-sketchs vite tombés dans l'oubli et inadaptables au théâtre ou au cinéma (d'ailleurs, bien souvent les comiques en question ont cédé aux sirènes de ces 'vrais arts' et y sont devenus en-dessous de tout) et je me dis que c'est ça que j'aurais aimé faire. C'est être à la télé pour la subvertir et la déconstruire. Ça a été mon premier but dans ma vie, ma première envie créative. Je ne vois guère que mon corps qui y a fait obstacle. Mais mon cerveau y pense toujours autant.